Latille maison dr roux 1

La maison d'habitation et le cabinet médical du Docteur Armand-Roux, ancien maire de la commune, accueillent désormais la mairie de Latillé.

(Photo archives "LACTU")

 

 

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Latille la fontaine 1

Latillé, la fontaine de la place Robert-Gerbier.

 

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MAISON DES JEUNES

1 - Philippe raconte...

"Notre" maison des jeunes à nous !

 

C'était dans la seconde moitié des années 60. Mes potes d'alors affichaient le même âge que moi au compteur de l'adolescence.  En ce temps-là, le curé de la paroisse, André Gâtard, était un "mec" hyper sympa notamment avec les jeunes. D'abord, il était habillé comme eux, en "civil". Ensuite, il aimait la vie et les autres. Pourtant, toutes ses ouailles étaient loin d'apprécier sa proximité avec la jeunesse. Il est tellement difficile de faire l'unanimité parmi les hommes que la communauté religieuse de Latillé n'échappait pas à cet adage populaire hélas toujours d'actualité. Toujours est-il que nous, les jeunes d'alors, pour la plupart enfants de chœur, nous ne manquions aucune messe dominicale sans doute plus pour faire plaisir à notre curé que par conviction. Encore que...

Le prêtre avait mis à notre disposition les locaux de l'ancienne "école libre" dont une salle, baptisée "L'Asile", ancien réfectoire aux murs suintant l'humidité et l'odeur qui va avec, constituait l'essentiel de "notre" maison des jeunes. Une grosse clé à l'ancienne dévérouillait la porte d'entrée aux deux austères battants gris. Nous étions alors de plain-pied dans la salle de ping pong ouvrant sur sa droite vers un couloir qui distribuait  à la fois les autres pièces du bâtiment et l'extérieur. Tout était entièrement dédié à nos activités diverses et variées. Il y avait là, entre autres, des tables pour jouer aux cartes et un baby-foot. Quelle que soit la discipline pratiquée nous étions tous des gagneurs et donc souvent de mauvais perdants. À gauche de la salle de ping pong, quelques marches dévalaient vers notre "discothèque". Notre grande fierté. Notre vrai chez nous. Derrière le bar en bois, entièrement fait de nos mains comme tous les autres travaux rénovateurs des lieux, des "vieux" de 18-20 ans s'acquittaient avec mansuétude du délicat rôle de surveillant des "drôles". Parfois, grâce à ceux qui avaient, et le permis, et la voiture, nous avions droit à une sortie cinoche à Poitiers. 

Crapotages et danses

Notre maison des jeunes comprenait également la salle de théâtre logiquement interdite à toute personne étrangère, comme on en intimerait l'ordre, aujourd'hui, sur la porte d'accès. Un interdit très souvent transgressé, mais les lois divine et chrétienne ne nous ont jamais punis. Lors de nos premières incursions, nous nous faisions particulièrement discrets. Puis de moins en moins. À tel point que nos palabres sur scène, en coulisses et dans les gradins surplombant les tréteaux, de plus en plus bruyantes, arrivèrent aux oreilles des plus grands. Nous fûmes évacués avec la traditionnelle engueulade toujours ponctuée de la non moins traditionnelle expression "merde, vous faites ch..., vous savez pourtant que c'est défendu". Avons-nous renoncé ? Euh, non ! Nos surveillants renoncèrent, eux, aux expulsions avec cependant cette directive formelle, à laquelle nous n'avons jamais dérogé : "D'accord, vous pouvez vous amuser là, mais qu'on vous prenne pas à y crapoter." C'est dans ce qui avait été la cour de récréation de l'école, à l'ombre de tilleuls ou de marronniers, je ne sais plus très bien, ou alors adossées aux portes des latrines à la turque, que nous tirions des taffes sur les Caporal, autrement dit les Gauloises et les Disque Bleu (1) qui nous arrachaient la luette et nous irritaient les amygdales en déclenchant d'affreuses tousseries. Il nous arrivait aussi de garder nos clopes aux lèvres, à la manière de John Wayne, assis sur les marches qui reliaient le couloir à la cour. Ben oui, mais faut vous dire que nous étions fiers de faire "hommes" devant les (trop peu) nombreuses copines qui avaient (ou non) l'autorisation de nous rejoindre. Nous avons connu nos premiers émois amoureux sur les fameux slows Rain and tears des Aphrodite's Child, Ma vie de Alain Barrière, Monia de Peter Holm, The sounds of silence de Simon and Garfunkel... Quand les décibels et nos "primitifs" projecteurs colorés montaient en puissance et clignotaient de plus en plus rapidement, nous nous transformions en déjantés de service, à genoux, têtes et corps bougeant avec frénésie sur les succès du moment des Rolling Stones, des Beatles, de Creedence Clearwater Revival. C'était sensé épater les filles qui sirotaient sagement un Orangina® en ne nous regardant même pas. Alors, nous nous relevions et nous allions crânement descendre une bouteille de Cacolac® au milieu des "anciens" qui s'enfilaient une bonne bière (2)

C'était bien chez Hélène !

D'autres fois, nous quittions la salle de ping pong pour rejoindre l'épicerie de la "mère" -c'était affectueux de notre part- Mercier. Ah ! La brave Hélène et Marcel, son comique de mari qui avait souvent une "couillonade" à nous raconter, disponibles quasiment 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 ! C'était bien chez Hélène ! Lui en a t-on fait faire des allers-retours de sa cuisine à sa petite boutique où le client trouvait de tout ! En a t-on acheté de ces bonbons, chewing-gums et de ces bouteilles de soda Pschitt® orange et citron. Sans oublier les gauffrettes croustillantes, "imprimées" de réflexions drôles, que nous savourions sur les marches du calvaire, sans nul doute absous du péché de gourmandise par le Christ qui était bien moins "cafeteur" que ses voisines d'en face. Trois femmes de noir vêtues, redoutables avec leur sens aigu de l'observation qui ne perçait pourtant pas toujours la vérité de nos comportements. Ça les occupait et, au fond, ce n'était pas si méchant que cela d'aller confesser à l'abbé nos faits et gestes quand bien même elles nous ont (souvent) accusés d'être des "voyous". Carrément. Tout cela parce que nous voulions embrasser les filles sur la bouche et que nous lancions des pétards pour impressionner les "donzelles" qui n'étaient pas si effarouchées que cela.

Un camp à la mer ?...

Un après-midi de printemps, sans doute un jeudi sans école, l'abbé vint à notre rencontre. Pour nous proposer un camp d'une dizaine de jours à la mer. "Ouais !" fut notre réponse collective, spontanée et sans concertation. "Réunion tel jour à telle heure", nous proposa le père Gâtard. Heureux, nous partimes pour une partie de foot sur le "plan" de l'église dont le clocher et son coq accrochaient le soleil. Les filles avaient déserté le "terrain" et ses marronniers, adversaires parfois imprévisibles, tandis que les vitraux -Dieu soit loué !- étaient protégés par du grillage aux fines mailles. Ce qui évita que le ballon ne fasse des dégâts quand il s'envolait bien au-dessus de la transversale imaginaire du but. Vainqueurs et vaincus se retrouvaient chez Hélène pour y acheter les rouleaux de réglisse chacun agrémenté d'un minuscule bonbon rond en son milieu. La perle du bonheur.

Quand la fatigue se faisait vraiment sentir, nous reprenions la direction du bourg. Avec une halte sur les marches de la maison qui fait toujours corps avec l'angle de la route d'Ayron. Des grappes odorantes de fleurs de glycine pendaient le long d'un semblant de colombages qui donnaient à l'édifice un caractère alsacien. Pour nous... L'Auxances, où s'abreuvaient en vol des hirondelles à fleur d'eau, coulait déjà paisiblement sous le vieux pont et ses larges parapets de pierre qui nous permettaient d'y poser nos fesses. Les filles rentraient aussi chez elles. Alors nous faisions semblant de basculer à la renverse. Nos spectatrices -admiratrices ?!- hurlaient d'effroi et s'enfuyaient en courant totalement certaines que pas un de nous ne tomberait à l'eau.

On se la pétait grave quand même !...

(à suivre)

(1) Fumer nuit gravement à la santé

(2) L'abus d'alcool est dangereux

Commentaires (2)

Joel Thomas
  • 1. Joel Thomas (site web) | 09/07/2015
Hello ,

Merci Philippe , je viens de prendre un coup de jeunesse d'un seul coup !
Belle et fabuleuse mémoire et super article !
génial !
L'abbé André Gâtard et sa chorale c'était la belle époque.
Jean Paul Gâtard sa famille dans notre commune est également très sympathique.
Grand plaisir a te lire. Amitiés Joel
Billard Michelle
  • 2. Billard Michelle | 07/07/2015
Merci philippe pour cette nouvelle " réelle "sur ta jeunesse
Le bas-Bourg et l école sont chers à mon coeur ! Mes origines maternelles ;
grand-mère Marie qui s'occupait des " drôles que les mères confiaient à l Asile
continue !! tu m'apportes du bonheur d'être à Latillé
Bisous

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Date de dernière mise à jour : 20/07/2015