Latille maison dr roux 1

La maison d'habitation et le cabinet médical du Docteur Armand-Roux, ancien maire de la commune, accueillent désormais la mairie de Latillé.

(Photo archives "LACTU")

 

 

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Latille la fontaine 1

Latillé, la fontaine de la place Robert-Gerbier.

 

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IL S'APPELAIT MIRO

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Quand la soixantaine est passée les souvenirs remontent à la surface. Souvenirs d'enfant, d'adolescent puis de jeune adulte. Je vais vous en livrer quelques-uns en commençant par une grande histoire d'amour entre un chien et moi. Bonne lecture.

 

 

À M-C.

 

Il s'appelait Miro

 

Il s'appelait Miro. C'était un cocker noir. Devait-il son nom de baptême au peintre, sculpteur, graveur et céramiste espagnol, Joan Miró ? Je ne l'ai jamais su. Pour moi, c'était déjà surréaliste d'avoir un chien. Car Miro fut à moi. Il fut mon chien de cœur. Il fut le compagnon de tous mes jeux sur son propre territoire aussi magique que l'a été cette boule de poils noirs frisottante. Ses grandes oreilles tombantes ne sont jamais parvenues à me décomplexer de mon oreille gauche décollée qui me valut, de la part de certains de mes proches, le sobriquet moqueur de Philibert la grande oreille ou de Philibert la grande feuille. À 6 ou 7 ans, l'enfant ne peut pas comprendre pourquoi on l'affuble d'une expression soulignant une particularité physique.

Miro se fichait de l'oreille décollée du Philibert en question, qui ne savait pas encore qu'il s'agissait du héros de « La belle et la bête ». Avec Miro, ce Philibert fut pourtant un jeune prince qui vivait dans un château et ses alentours. Combien de champs de bataille constituèrent les carrés de pelouse qui s’étalaient devant LA maison ? Mon Miro de cœur, je l'ai toujours vaincu à grands coups de caresses lorsque lui et moi nous nous accordions le repos du guerrier. À moins que ce ne soit le contraire quand il léchait mon visage dégoulinant de sueur. Et plus je riais, agenouillé pour lui prouver ma résignation, plus Miro me démontrait son grand amour en appuyant ses deux pattes avant sur mes épaules. Je baissais la tête qu'il s'empressait déjà à vouloir la relever en me donnant des coups de museau sous le menton.La cheze copie

Je détalais à l’improviste, Miro me poursuivait, et me rattrapait toujours. Il était imbattable à la course. Lorsque lui prenait l'idée de tourner en rond comme un fou sur le théâtre de nos opérations, c'était à mon tour de le poursuivre, et je ne le rattrapais jamais . Sauf quand il consentait enfin à abandonner ses galops fous et qu'il s’allongeait ventre à terre sur la verdure, les pattes avant et arrière étirées telle une grenouille glissant entre des nénuphars. Cette situation se renouvelait souvent à cause de mes provocations répétées qui faisaient décaler Miro à la vitesse du lévrier à la poursuite d'un leurre. Je n'étais pas un leurre pour mon Miro. J'étais un enfant joueur et il était un chien tout aussi enjoué derrière son regard qui, parfois, réclamait une trêve. Le combat cessait. Ce n'était plus alors que roulades dans l'herbe, léchouilles de bonheur et caresses d'amour. Le chien et l'enfant. Miro et moi. Ah ! Quel duo ! Rien ni personne ne pouvait nous séparer, et quand ses vrais maîtres l'invitaient à les accompagner en promenade, je jalousais ces gens qui me volaient mon Miro. À son retour, il haletait mais trouvait la force de me rejoindre dans une des pièces de LA maison.

Ici, c'était la grande cuisine, ses fourneaux et sa haute cheminée qui se défiaient dans un face à face qu'une immense table en bois séparait, flanquée de deux longs bancs. Miro quémandait souvent. Je le rassasiais à l'abri du regard de ma mère, de ma tante et de Francine, avec lesquelles je partageais le repas de LA maison. Je n'étais pas peu fier de moi lorsque j'imitais à la perfection le gémissement de Miro jouant les affamés. Et Francine, d'une voix apaisante, rassurait mon "faux" chien : « Oui, mon Miro, je vais te préparer ta gamelle. » Puis elle tournait les talons et nous laissait, Miro et moi, nous enfuir par la large fenêtre. Si Miro franchissait allègrement l'obstacle, il n'en était pas de même pour moi. Je prenais bien appui sur le banc adossé à la distribution du fenestrage, mais il y avait des ratés, des réceptions mal gérées, des genoux et des coudes égratignés...

Souvent aussi, Miro et moi nous nous retrouvions dans une pièce fraîche portant le doux nom des hortensias gardes d'honneur dressés à côté de la porte d'entrée. Sur un des murs, des posters de Alain Calmat, le patineur artistique, et de El Cordobés, le matador espagnol, se partageaient la vedette étalant ainsi l'admiration d'une jeune femme pour ces artistes de la glace et du sable des arènes. Je revois des fauteuils et une table de rotin et le tourne-disques. Je bravais l'interdiction de maman : « Surtout, tu ne touches pas à l'électrophone. » Combien de fois lui ai-je désobéi faisant tourner en boucle Hugues Aufray (Allez allez, mon troupeau), Sylvie Vartan (La plus belle pour aller danser) et Richard Anthony (Et j'entends siffler le train). Miro était là, allongé de tout son long sous la table de ping-pong qui trônait au beau milieu de la pièce. Jamais impatient, il me regardait de ses yeux de cocker implorant sur le champ la fin de mon playback et des postures bizarres que je prenais et la fin du récital des chanteurs qui s'égosillaient dans le haut-parleur.

Avec mon chien, j'ai parcouru des kilomètres dans notre domaine réservé fait d'allées, de prairies et de pièces d'eau. Du portique où pendaient la balançoire, la corde, le trapèze, les anneaux, au bassin où je fus initié à la natation, nous étions inséparables. Miro levait la patte au pied des tilleuls, des chênes et des charmilles et oubliait parfois que les massifs de géraniums et de rosiers lui étaient interdits. En revanche, je n'ai pas le souvenir qu'il ait osé chasser les nombreuses colombes qui abandonnaient le pigeonnier et ses boulins pour aller roucouler sur les toits de LA maison d'où tombaient en cascade les raisins des treilles. Un jour, mon chien de cœur a rejoint l'incessant ballet des pigeons blancs. Sans doute voulait-il aller nager dans la mer bleue du ciel et de ses écumes nuageuses.

Ah ! Je ne sais pas si je vous l'ai dit, mais ce chien, c'était un cocker noir...Il s'appelait Miro.

 

Philippe

Commentaires (3)

Une amie
  • 1. Une amie | 30/06/2015
j aime !! beaucoup d’émotion !merci phil ! continue ,
tu es notre bon départ pour la journée !!
Arlette PRUVOT
  • 2. Arlette PRUVOT | 30/06/2015
Quel beau texte Philippe, de beaux souvenirs ! en te lisant j'imaginais ces scènes avec ce chien ! Bravo ! Belle plume ! Cela m'a ravie ! Bises à toi et bonne continuation.
Arlette
METAIS ROUSSEAU Sylviane
  • 3. METAIS ROUSSEAU Sylviane | 30/06/2015
Bonjour Philippe,
J'espère que vous avez envisager sérieusement d'écrire........ des livres.
Quel plaisir de vous lire !!!
Continuez, vous avez de réels talents de narrateur !
Merci de me dire si vous y pensez.
Souvenir attendri pour toute votre famille
Sylviane

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Date de dernière mise à jour : 30/06/2015