LA VOIX DE LA FRANCE

Latillé Actualités du mercredi 6 juillet 2011

 

Editorial

 

La voix de la France

 

est tombée dans le lac

 

 

Qu'a t-elle bien pu faire au monde entier, notre chère France ? Nous sommes en droit de nous poser la question après le revers qui nous arrive d'Afrique du Sud. En effet, voilà que le CIO (Comité international olympique) fait tomber ses voix dans le lac d'Annecy. Sept malheureux POUR sur 97 votants et « la première destination mondiale des sports d'hiver » rate quasiment toutes les portes du slalom géant dans la course à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver, en 2018. Il faut dire que la hiérarchie française ne semblait pas très concentrée sur le coup. En France, dans la région Rhônes-Alpes, en Haute-Savoie et à Annecy, tout le monde semblait résigner à prendre les tire-fesses qui vous aident à remonter la pente. Ratage et patinage ont fait fondre les minces espoirs qui étaient attendus de Durban. Ce sont le comte Clary et le marquis de Polignac qui doivent se retourner dans leur tombe, eux qui eurent le génie sportif de présenter, en 1921, l'idée d'organiser des jeux Olympiques d'hiver. Et que penser du baron Pierre de Coubertin qui, du haut des cieux de l'Académie des sports, a l'âme sûrement triste d'avoir vu capituler Paris en 1992, 2008 et 2012, sans oublier Lille, en 2004.

Faisons face à la vérité. La voix de la France ne se fait plus entendre. Tenez, c'est pareil pour le Grand Prix de l'Eurovision de la chanson. Depuis sa création, en 1956, seulement 5 fois les cordes vocales patriotiques ont pu vibrer du timbre sur la Marseillaise : en 1958 avec André Claveau (Dors, mon amour), en 1960 avec Jacqueline Boyer (Tom Pillibi), en 1962 avec Isabelle Aubret (Un premier amour), en 1969 avec Frida Boccara (Un jour, un enfant), et en 1977 avec Marie Myriam (L'oiseau et l'enfant). Trente-quatre ans que la chanson française est bâillonnée.

Entretemps, la voix du Général se fit entendre. En 1959, elle s'oppose à l'installation d'armes nucléaires étrangères en France. En 1960, elle prône la dissuasion nucléaire et la France goûte aux champignons atomiques et mortels en Algérie, à Reggane. En 1966, elle déclare haut et fort le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord). Quarante ans plus tard, le président Sarkozy se cale les amygdales en dévorant l'annonce du retour de la France dans ce « machin » qui a siégé dans le « Paris debout », du Palais Chaillot à la Porte Dauphine devenu Centre Universel Dauphine.

Tellement universel que les autres en oublient de nous amuser avec l'organisation des jeux Olympiques. Pourtant, nous étions prêts à prendre les frais d'hiver et les frais divers qui vont avec. Certains jugeront que la décision du CIO est anecdotique. Vive Pyeongchang et la Corée du Sud ! Faut être beaux joueurs ! Certes, il n'y a pas le feu au lac d'Annecy, mais il faudrait tout de même écouter si la voix de la France se fait entendre dans le grand théâtre géo-politico-militaire international. Et quelle est la couleur du métal de la médaille si médaille il y a !

 

Philippe Rivière

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