Latille maison dr roux 1

La maison d'habitation et le cabinet médical du Docteur Armand-Roux, ancien maire de la commune, accueillent désormais la mairie de Latillé.

(Photo archives "LACTU")

 

 

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Latille la fontaine 1

Latillé, la fontaine de la place Robert-Gerbier.

 

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RENCONTRE AVEC DES JEUNES

UN BOUT DE NUIT AVEC DES ADOS

Mercredi 19 juillet 2017

 

Pensons-nous à "nos" jeunes ou bien avons-nous banalisé leur inaction profonde en nous cachant derrière l'argument péremptoire de nous autres adultes, qui estimons que ces mêmes jeunes ne sont bons qu'à faire des bêtises ? Eux, comment nous considèrent-ils ? "Latillé Actualités" a rencontré un groupe d'entre eux par une belle nuit d'été. Récit.

C'était il y a quelques semaines, quand la lune gibbeuse n'était pas encore tout à fait pleine. Neuf garçons et filles, âgés de 16 et 17 ans, avaient formé un cercle, devant la mairie, sur l'une des pelouses qu'ils transforment en champ de rendez-vous nocturne, de temps à autre. Ce soir-là, alors que les lueurs orangées des réverbères publics avaient une tension heurtée, les jeunes étaient encore abasourdis par un contrecoup qui se répercutait sur chacun d'eux. Le choc venait de refroidir leur bonne humeur communicative. Ma fidèle Isis avait bien soulevé quelques rires amusés en tentant de fourrer sa truffe dans un paquet de chips, mais c'était tout. Alors, j'ai entendu et écouté leur désarroi. Latille jeunes sur pelouse 3 copie

Descente des gendarmes

" Des gendarmes de Poitiers sont venus contrôler nos identités. Ils ont été prévenus par des riverains qui trouvent que nous faisons trop de bruit. Pourquoi les gens ne sont pas plutôt venus nous voir directement. " Les militaires de la région zonale périurbaine se sont donc déplacés pour faire leur job du maintien de l'ordre public. Leurs moyens de coercition étaient adaptés compte tenu de la vigilance qui est accrue depuis les attentats terroristes meurtriers enregistrés en France ces dernières années. Mais ils ont frappé de plein fouet les esprits de "nos" jeunes de Latillé. " Les gendarmes étaient armés de mitraillettes et portaient un gilet pare-balles. Nous avons eu à moitié peur. Ça nous a foutu un coup au moral. " Ce soir-là, alors qu'il n'y avait pas un brin d'air pour troubler l'atmosphère chaude d'une nuit d'été, les ados ont rapidement plié bagage. Sans doute les gendarmes les avaient-ils invité à la discrétion.

 

La veille, au même endroit et à la même heure, quand les douze coups de minuit ne résonnaient plus depuis longtemps dans les chaumières, j'avais déjà rencontré le groupe tout aussi désœuvré. " Habituellement, nous allons au stade, mais ce soir, il y a une fête privée, alors nous sommes venus ici " se résignaient-ils avec compréhension. Le haut-parleur de leur radio soufflait discrètement des airs qui m'étaient parfaitement inconnus. Un ballon volait ici et là. Des bouteilles en plastique d'une célèbre boisson gazeuse trônaient à côté d'un paquet de cigarettes aussi sombre que la mort qu'il prédit aux fumeurs. Je n'ai pas vu l'illustration qui ajoute à la culpabilisation des clopeurs de tout poil. La discussion avait débuté grâce au repli stratégique d'Isis, surprise par ces "inconnus". Queue entre les pattes, elle venait de lancer quelques aboiements de trouille, à distance respectable du groupe.

- Z'avez vu mon chien de garde ?

- Il n'a pas l'air méchant !

- Oh ! pas du tout !... C'est une femelle. 

- C'est vous le photographe de Latillé ?

- Pas tout à fait, mais un peu, oui. J'anime le site "Latillé Actualités".

- Ah ! ouais ! je connais ! ma mère et ma grand-mère le regardent tous les jours.

- Qu'elles continuent ! (rires)

- Moi, je suis le fils de Ginette* et le petit-fils de Raoul* !

- Avec ton grand père nous sommes de la même classe ! 64 ans au compteur.

- Hé, M'sieur, est-ce que vous aimez le rap ?

- Quand j'écoute, je ne comprends pas toujours ce qui est dit alors je lis sur internet les textes qui me plaisent. Sinon, je suis de la génération rock et pop-rock.

La conversation se poursuivait en abordant différents thèmes comme la littérature, la poésie, les études et le mode de vie. Sur ce dernier point, mes interlocuteurs maudissaient quand même un peu Latillé " où il n'y a rien pour les jeunes, notamment, pas de local à leur disposition."  

Une tartine de confiance

" Nous avons trouvé un endroit sympa en dehors du bourg. C'est en plein air. Nous nous y réunissons quelquefois. Le propriétaire est venu nous voir. Il nous a jaugés. Il nous a donné son accord tout en nous avertissant de ne pas faire de bêtises. Il est vachement sympa. On n'a pas envie de trahir sa confiance. " Récemment, ils avaient élu domicile sur la place de l'église, mais là aussi un riverain était venu les déloger " parce qu'[ils] ét[aient] trop bruyants." Je leur avais alors fait remarquer qu'il y a des situations particulières telles que les travailleurs de nuit et de jour ainsi que les personnes souffrantes. Ils en avaient convenu tout en m'écoutant attentivement tenter de leur expliquer pourquoi il est si difficile de trouver une solution à leur désarroi alors que les gens des 3è et 4è âges disposent gratuitement de la salle des fêtes, une fois par semaine, durant toute l'année. Personnellement, je pense qu'il est possible de sortir de l'impasse en s'asseyant autour d'une table avec les ados.

" As-tu pensé à la responsabilité de la commune s'il y a un accident ? " me rétorque t-on parmi les habitants. C'est une remarque qui n'est ni plus ni moins que botter en touche.

" En admettant que ce soit possible pour les jeunes de Latillé, qu'est-ce que tu fais s'ils invitent des jeunes d'ailleurs qui viendront uniquement pour foutre le b....l. Et si il y a un meurtre ? Et si il y a le feu ? Et si il y a des drogués et des alcooliques ? Un trafic de drogue ? Et si  des radicalisés débarquent pour profiter de la naïveté des ados ? " Et si, et si...

Pourquoi faut-il que la société envisage toujours le pire et jamais le meilleur ? Du temps de mon adolescence, la jeunesse profitait d'une salle qui lui était entièrement dévolue et ouverte à toutes et à tous, dans le Petit-Bourg. Nous n'avons pas toujours été des saints, autour du clocher dédié à Cybard. Nous n'avons pas non plus tous viré délinquants. " Tu ne peux pas comparer votre époque avec celle de maintenant " me reproche t-on quasiment. Je reste coi.

Bien sûr qu'une dizaine de jeunes tenant palabres sur une pelouse, au centre du village, ça dégage plus de décibels qu'un chat chassant le campagnol dans les champs du Bricou. Ou qu'un brocard aboyant dans les bois du Charpreau. Bien sûr que ça risque davantage de gêner le voisinage qu'une carpe agitant ses barbillons dans l' Auxances. Cette nuit-là, j'ai offert une tournée de Menthol à mes hôtes et nous avons respectivement grillé notre cigarette (1) sans passer le mur du son. Le lendemain fut un autre jour, vous connaissez la suite...

Cette nuit-là toujours, je les avais chaleureusement remerciés d'avoir discuté avec moi. " Pas de problème " m'avaient-ils gentiment répondu en m'invitant une prochaine fois à déguster des Chamallows®. Nous n'avons pas encore pu savourer la guimauve. Cette nuit-là encore, la lune gibbeuse n'était pas encore pleine mais mon cœur brillait d'une totale espérance. Isis avait eu le temps de flairer une boîte de pâté. Et si, sans se montrer du doigt les uns les autres, jeunes et moins jeunes s'offraient une tartine de confiance et de respect réciproques ! J'en ai l'eau à la bouche...

Philippe R. 

* Les prénoms ont été volontairement changés

(1) Fumer nuit gravement à la santé.

Commentaires (2)

jade
  • 1. jade | 22/07/2017
Nous apprécions énormément votre ecoute et votre comprehension. Merci beaucoup pour ces moment passés et à venir en votre compagnie à apprendre à se connaître un peu plus chaque soir. Un grand merci!
Océane
  • 2. Océane | 22/07/2017
Nous vous remercions d'avoir pris le temps de nous écouter. Votre article résume tout et merci encore une fois de pouvoir faire passer un message, pour montrer que les jeunes ne font pas tous n'importe quoi. Et que oui, nous aimons bien nous retrouver ensemble pour discuter et rigoler.

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Date de dernière mise à jour : 20/07/2017