Latille maison dr roux 1

La maison d'habitation et le cabinet médical du Docteur Armand-Roux, ancien maire de la commune, accueillent désormais la mairie de Latillé.

(Photo archives "LACTU")

 

 

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Latille la fontaine 1

Latillé, la fontaine de la place Robert-Gerbier.

 

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LATILLE A PERDU LA BOULE

Pétanque amicale mais parfois houleuse

Jeudi 20 juillet 2017

 

Amicales mais parfois houleuses, les parties de pétanque, sur le boulodrome de la "Résidence du Parc", étaient quotidiennes et prêtaient à s'amuser et à rire. Cette ambiance disparut peu après la création officielle d'un club. Anecdotes et souvenirs d'une mort prévisible.

Y'AVAIT André, Camille, Albert, Momo, Gaby, Claude, Maurice, Jérôme, Fredo, Gaston et les autres. Tous les autres. Chaque jour, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, ils étaient quelque vingt amateurs de pétanque, hommes et femmes, à pousser la boule sur les cadres aménagés près de la salle des fêtes. Les sapins plantés là dégageaient leur bonne et douce odeur de résine et servaient soit de parasols soit de parapluies. La majeure partie des fous du cochonnet préféraient, et de loin, la première fonction. Il n'y avait ni buvette ni vécés. Tout le monde faisait avec les moyens du bord. Qu'est ce qu'ils furent arrosés les pieds de "lorettes". Notre Dame de la soif, quant à elle, était étanchée, aux plus fortes chaleurs, avec des "mousses", des jus de fruits et des sodas fournis gracieusement par chacun. À tour de rôle. Les jours de gros cagnard, les premiers arrivés bondissaient sur les rectangles longeant une des portions de la rue qui ceinture la résidence du parc. Ils étaient à l'ombre, contrairement au plus grand encadrement saoulé par le soleil ardent. Il faut dire que les "pétanqueurs", pour la plupart retraités, ne craignaient pas de jouer en pleine chaleur. Ils n'étaient pas du genre à ressortir de chez eux à la fraîche. Parfois, il y avait des interruptions. " Fi de garce, i vont crever " se plaignaient certains avant d'aller poser leurs fesses sur les bancs publics. " V'nez don vous rincer la goule " recommandait l'un d'entre eux en se dirigeant vers le robinet installé au coin de la salle des fêtes. " Couillon ! l'eau est chaude ! " Tu m'étonnes !

Non aux "étrangers"Latille joueurs petanq 1997

S'il avait fallu décerner une palme d'or, c'est probablement André qui l'aurait eue. Il était d'une régularité de métronome. Peu avant 14 heures, on entendait chanter le moteur de sa mobylette dont il prenait grand soin. Il n'avait qu'à la pousser sur 50 centimètres pour qu'elle démarre. Dédé, ainsi surnommé avec... originalité, était le doyen des boulistes. Ancien agriculteur, le gars n'était pas une mauviette. Les autres reconnaissaient sa force de taureau. Et Dédé, fallait pas aller le gratter là où ça le démangeait pas... D'ailleurs, il prévenait : " Si i t'chope par le colback, teu vas vouar si l'vieux é pourri ! " 

Et puis, comme si le nombre avait fait loi, un beau jour, l'un d'eux eut la lumineuse idée de vouloir interdire le boulodrome aux joueurs de "l'extérieur". Les copains de Benassay, Lavausseau, Ayron, Montreuil, entre autres, n'eurent plus droit au chapître. Des affichettes officielles, frappées du sceau souverain de la municipalité, furent collées ici et sous les halles (un boulodrome avait été aménagé pour un repli en cas de mauvais temps et pour l'hiver) afin de prévenir les "étrangers". "PRORITÉ AUX HABITANTS DE LATILLÉ" . Fichtre ! on se mouchait pas avec un dail chez nous ! La bêtise humaine dans toute sa spendeur ! Et les questions à la noix qui confirmaient l'interdiction. " Est-ce que vous payez des impôts sur Latillé, vous ? Non ! Alors, vous n'avez qu'une chose à faire, c'est de la fermer. " C'était dit ! Le pire restait à venir quand il n'y avait pas assez de joueurs de Latillé pour former des doublettes et des triplettes "purement locales". Merde, les "étrangers" étaient plus nombreux ! Alors là, ils étaient invités à se joindre aux "vrais gens du cru". Mais, pour marquer leur mécontentement tout à fait compréhensible, les "mecs" des rives de la Boivre et de la Vendelogne boudaient et refusaient catégoriquement d'intégrer le clan des gars des berges de l'Auxances. Ah ! elle ne coule pas toujours de source, la vie ! 

Des disputes de drôles

Ces anecdotes remontent aux années 1993 à 1997, à l'époque où les gnons auraient facilement volé aux visages. L'unité de mesure avait son importance. Pour un ou deux millimètres, discutés et parfois discutables, la castagne n'était pas loin. Les plus pénibles étant parfois les spectateurs qui prenaient fait et cause pour l'un ou pour l'autre alors qu'en principe ils n'avaient pas leur mot à dire. Oui, ça rouspétait, ça s'engueulait, ça se coursait même ! Ça se balançait des noms d'oiseau, ça ressortait du passé des histoires de famille remontant jusqu'aux pires affres de la seconde guerre mondiale. Si certains avaient eu l'autorisation du port d'armes, des balles auraient sifflé aux oreilles des autres. Allez savoir s'il n'y aurait pas eu des blessés graves voire des morts tant la colère et le comportement de quelques finauds de service crachaient le venin de la haine. Jusqu'à ce qu'un gars, toujours d'un calme olympien, pousse une gueulante froide. " Nom de Dieu de nom de Dieu, allez-vous arrêter vos conneries. Vous êtes pires que des drôles dans une cour de récréation ! Hé merde à la fin ! vous jouez pas la ferme, alors foutez-nous la paix une bonne fois pour toutes. " Tonnerre de Brest, la recommandation tombait comme la foudre sur les belliqueux électrisés. Le calme revenait peu à peu. À part quelques exceptions reconnues pour leur très mauvais caractère de goret, la rancune n'était pas de mise. L'incident clos, la bonne humeur reprenait ses droits. Quand sonnait l'heure de plier bagage, tout le monde se serrait la pince. " À la revoyure, camarade ! Sans rancune ! "

La mort

Le boulodrome vécut ainsi de belles années, certes parfois mouvementées comme nous l'avons dit, mais de sacrées belles années dont le souvenir rend nostalgique celles et ceux qui ont connu l'ambiance bouliste. Tout allait donc pour le moins mal quand il fut décidé de créer un club. De discussions en sondages, d'informations en réunions, "Le Pétanque Club de Latillé" fut porté sur les fonts baptismaux. Il connut alors les licences, les concours officiels, les concours amicaux, les tournois du maître-joueur. La dernière mène fut jetée sur le terrain de l'opprobre avec des rumeurs d'approximation financière qui le conduisirent à la mort.

À l'heure où sont écrites ces lignes le boulodrome reste souvent muet comme un sanglier en Macédoine. Le silence écrasant qui y régne est seulement rompu par le trouble du vent murmurant entre les cimes des résineux. André, Camille, Albert, Momo, Gaston, Claude et d'autres ont pris congé en laissant regret et tristesse. Le paradis des pétanqueurs leur a certainement réservé une place dans son berceau du jardin éternel. N'entendez-vous pas, quelquefois, ferrailler des boules qui roulent comme une immense ovation en leur souvenir. Les orages de larmes ont leur secret enfoui comme un cochonnet qui se serait échappé du cadre d'un boulodrome.

Philippe R.

 

 

Commentaires (1)

Patrick PELTIER
  • 1. Patrick PELTIER | 22/07/2017
Bravo Philippe super article. Tu as pu exprimer la quintessence de ta verve. Je connaissais pas "muet comme un sanglier en Macédoine" !!! Toutefois, excuse mon ignorance, cela mérite une explication de texte, je vois pas pourquoi les sangliers Macédoniens sont muets ! Pour le reste, je pense que tu excelle quand il s'agit de parler de la bétise humaine qui, comme chacun sait est un puits sans fond. Continue comme ça mon bibiche, moi je suis fan.

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Date de dernière mise à jour : 21/07/2017